Traverser le Vietnam à moto: le guide

Acheter une moto au Vietnam

Pourquoi? Pour qui ? Pour quel budget? Comment ?

Mon expérience en moto au Vietnam

Le premier jour, en sortant de Ho Chi minh la grande ville, j’ai failli renoncer à poursuivre l’aventure à moto : le nombre de kilomètres à parcourir et les routes me faisaient peur, d’autant plus que je n’ai conduit une moto manuelle qu’une fois dans ma vie, il y a quelques années. J’ai persévérer et finalement ce voyage à moto restera un souvenir mémorable. C’est l’expérience de voyage la plus dingue ! J’ai parcouru 2.700km en 40 jours sur les routes Vietnamiennes du Sud vers le Nord. J’ai choisis de voyager à moto non pas pour l’aspect économique (qui d’ailleurs n’est pas plus rentable que le bus), mais pour la liberté absolue : aller où je veux, partir quand je veux et explorer des endroits reculés difficilement accessibles en bus. Les Vietnamiens sont d’une gentillesse, tous prêt à m’aider dès que je rencontrais un problème. Je ne me suis jamais sentie en insécurité, même dans les endroits les plus reculés. Le Vietnam est un pays très safe pour une fille qui voyage seule à moto.

Road trip au Vietnam, à quoi s’attendre ?

  • Des journées entières de moto : Le Vietnam étant un long pays, il faut s’attendre à encaisser de nombreux kilomètres. Certains choisissent de rouler seulement 100-200km par jour. Pour ma part, je préférais consacrer de grosses journées de route, pour pouvoir profiter quelques jours d’un endroit. Mon maximum journalier s’élève à 350km, ce qui correspond à 8h de route en étant continuellement concentrée : ça épuise ! Les routes sont globalement en bon état, mais il arrive parfois de tomber sur des travaux où la route se transforme en piste sur une 50ène de km.

  • Un code de la route à l’Asiat : Les vietnamiens ne conduisent pas mal, c’est juste qu’il faut s’adapter à leur code de la route. Les motos n’ont pas la priorité face aux plus gros. En bref, si un camion arrive en face, il ne se poussera pas, à nous de manœuvrer ! De même, ceux qui s’insèrent sur la route ont la priorité (intersection, rond point..). En gros, ceux qui sont derrière doivent s’adapter, sans hésiter à klaxonner pour en informer l’autre. Le klaxon est plus utilisé pour marquer sa présence que pour signaler un problème.

  • Rouler par tout temps : Au début, on s’imagine un road trip au Vietnam sous le soleil et avec 30°C. C’est le cas dans le Sud du Vietnam, mais plus on monte et plus les températures baissent, jusqu’à 5-10°C dans le Nord à Sapa (au mois de décembre). Trois climats divisent le Vietnam entre le Nord (froid et sec), le centre (la saison des pluies) et le Sud (chaud et humide). J’ai roulé quelques fois sous la pluie, et c’est vraiment pas amusant. Même à travers la cape imperméable, j’étais trempée. Pour remédier à la pluie, il est possible de prendre un bus ou un train avec la moto à l’intérieur, tout comme je l’ai fais au centre du Vietnam pendant la mousson.

  • Se faire des frayeurs ou tomber à moto : Rouler tous les jours sans se faire de frayeur est impossible en Asie. J’ai rencontré beaucoup de voyageurs qui se sont crashés à moto.. c’est pour cela que j’appréhendais pas mal mon road trip en me demandant quand allait être mon tour. J’ai eu de la chance, je n’ai eu aucun accident, mais de nombreuses frayeurs entre les animaux qui traversent la route sans prévenir, les camions à éviter, des routes boueuses, et des virages plus serrés que prévu en montagne.

  • Des passages obligatoires chez le garagistes : Acheter une moto, c’est l’entretenir régulièrement pour éviter les pannes. Pour la Honda win, je devais changer l’huile tous les 400-500km, je profitais de la même occasion pour faire un contrôle général (freins, chaîne, roulement, vis..). Des pauses garagistes sont à prendre en compte dans un road trip.

  • Optimiser son itinéraire: A moto, ce n’est pas comme en bus où on se laisse guider. L’itinéraire se prépare en fonction de la météo, des distances et du type de route. Parfois, la voie express est interdite aux motos, il faut alors la contourner. J’ai souvent préféré les belles routes plutôt que les plus rapides, c’est bien plus intéressant à moto.

  • Des moments de solitude : Traverser le Vietnam à moto, c’est aussi s’arrêter de temps en temps dans des endroits reculés, notamment pour une nuit de passage entre deux journées de route. Parfois, j’étais la seule étrangère dans une toute petite ville où tout est inscrit en Vietnamien où personne parle l’Anglais. Mes quelques mots de vietnamien m’ont permis de trouver de quoi manger et un logement.

  • La joie de la liberté : La sensation de liberté, de pure autonomie dans un pays sublime est incroyable ! Cette sensation ne peut pas s’expliquer, mais se vit, et vaut largement les petits désagréments causés lors du road trip.

Est-ce dangereux de rouler au Vietnam ?

Les routes ne sont pas dangereuses en soi car elles sont en bon état, tout est une question de concentration. Rouler fatigué ou minimiser le risque est dangereux. Les routes peuvent paraître en très bon état, puis d’un coup elles se transforment en piste avec des gravillons. De nombreux chiens, cochons et poules traversent la route au dernier moment, il faut s’attendre à en croiser régulièrement. Les vietnamiens roulent généralement lentement en moto, ce qui laisse le temps de s’adapter à eux. Sur l’autoroute ce n’est pas la même : les bus et camions tracent à toute blinde, c’est aussi pour cela que j’évitais de prendre la voie rapide.

 

Acheter une moto automatique / semi-auto / manuelle ?

Au Vietnam, il est très facile d’acheter un scooter ou une moto, pour le même prix. Très franchement je conseille la moto manuelle (cad avec les vitesses) : ça passe partout (piste, chemin..), c’est simple à réparer, et surtout le frein moteur est plus efficace en montagne (dans le Nord du Vietnam c’est important). Et puis, on peut le dire, c’est bien plus sensationnel de conduire une moto qu’un scooter automatique ! L’apprentissage est rapide, en une ou deux journées on peut arriver à conduire une manuelle sans problème. La preuve, j’ai appris à conduire une moto en plein cœur d’Ho Chi Minh, la ville la plus bondée du Vietnam.

Concernant le modèle, la moto la plus répandue est la Honda Win 110c : c’est LA moto du backpacker au Vietnam. Elle est fiable, passe partout et surtout se répare facilement. Tous les garagistes ont les pièces pour cette moto très populaire au Vietnam.

Ou acheter sa moto ?

Les deux principales villes, Hanoï au Nord et Ho Chi Minh au Sud, concentrent la majorité des motos à vendre. En effet, le trajet « classique » à moto est de relier ces deux villes du Nord au Sud (le plus fréquent) ou du Sud vers le Nord. On en trouve quelques unes aussi dans d’autres villes intermédiaires, quelques backpackers s’en séparent en chemin. Voici ici quelques pistes pour trouver une moto en moins de un ou deux jours.

  • Facebook : De nombreux groupes Facebook rassemblent des annonces de moto: Vietnam Backpacker Sales, Motorbikes For Sale Vietnam, Vietnam Backpacker Motorbike Market. Beaucoup achètent via ces annonces.

  • Dans la rue : Tout comme moi, il faut simplement se promener dans les rues « touristiques » et tomber sur des motos « for sale ». J’ai trouvé ma moto un soir dans la rue de Bui Vien street en plein centre de Ho chi minh : un backpacker voulait s’en séparer au plus vite.

  • Garagiste : Je ne suis pas vraiment « pour » le fait d’acheter une moto chez un garagiste, car il a certainement bidouillé la moto pour gonfler le prix. A Ho chi minh, les rues autour de la Bui Vien street concentrent de nombreux garagistes revendant des motos pour les backpackers. A Hanoï, ce sont plus les quartiers du vieux centre historique.

Une moto, à quel prix ?

Il faut compter environ 280$ pour acheter une manuelle comme la Honda win : 200$ pour le prix le plus bas, et jusqu’à 300$. Le prix dépend de l’état général de la moto, des réparations réalisées, ainsi que son année. On peut trouver des Honda win très récente pour 350$.

A Hanoï, le prix des motos est légèrement moins élevé qu’à Ho Chi Minh. Étant donné que le tour « classique » des backpackers est de remonter le Vietnam du Sud vers le Nord, ou de faire la boucle Nord en moto. Il y a plus de moto à vendre à Hanoï que d’acheteurs, donc le prix dépend de l’offre et la demande.

 

Mon budget moto pour 40 jours et 2.700km

Achat / revente : 225€ + 18€ (un nouveau casque intégral) et revente à 210€ = 33€

Budget essence pour 40jours = 50€

Budget réparations (dont une importante de 20€) = 45€

Transport avec la moto (2 bus avec la moto en période de pluie) = 40€

Ce budget peut être réduit en ne prenant aucun bus ou train avec la moto, ou en revendant la moto à un meilleur prix (pour ma part je voulais m’en séparer en un jour ou deux).

TOTAL 168€

Que vérifier sur sa moto avant l’achat ?

Je ne suis pas une experte en moto, mais j’ai beaucoup appris lors de mon road trip. J’ai retenue quelques points de contrôle lors de mon achat. Voici quelques points à vérifier avant de tester la moto (a l’arrêt) :

  • la « Blue card », qui est la seule valeur de la moto. Sur ce papier figure l’année du véhicule, ainsi que le numéro. Il faut vérifier que le numéro de la carte corresponde au numéro du véhicule (gravé sur le moteur), ainsi que celui de la plaque d’immatriculation. Si le numéro ne correspond pas à celui de la carte, fuyez ! Alors oui, un garagiste me disait qu’ils pouvaient poncer le numéro pour en graver un autre : la c’est pas de chance, on peut rien y faire !

  • l’état général de la moto : regarder son allure, si des parties sont cassées ou non, ainsi que la rouille.

  • les pneus et rayons : regarder l’usure des pneus grâce aux témoins. Concernant les rayons, il est important de voir si la roue est voilée ou non. Pour vérifier cela, placer un objet fixe proche de la roue et faites la tourner pour vérifier l’écart. Si l’écart oscille, c’est que la roue est voilée.

  • la chaîne : une chaîne de moto doit être tendue et graissée (elle brille). Soulevez la chaîne par le dessous pour voir si le jeu n’est pas trop important. Si c’est le cas, ce n’est pas bien grave, ça se ressert très facilement.

  • les suspensions / la fourche : un petit test simple, appuyez fort sur l’avant, puis sur l’arrière de la moto. Enfoncez puis lâchez la fourche pour vérifier que les tubes remontent naturellement. Si la remontée est dure ou saccadée, c’est mauvais signe.

  • les feux et le klaxon : Le klaxon doit impérativement marcher pour un road trip en Asie. Vérifier les feux avants / arrières, et surtout le frein arrière (test du frein main et pied).

  • le kick : il vaut mieux tester le démarrage au kick, au cas où il sera nécessaire.

Ensuite, il faut tester la moto :

  • l’allumage de la moto : il doit être instantané, et même à froid. En tournant la clef, le voyant du starter doit s’allumer de suite. Démarrez la moto. Une moto qui met du temps à démarrer n’est pas bon signe (batterie, système électronique, moteur..). J’ai eu quelques problèmes avec le système d’allumage et changé pas mal de pièce le concernant. Ce sont des pièces assez chères au Vietnam (bobine d’allumage 18€).

  • les freins : tester tous les freins avant / arrière, main / pied. En générale, le frein de la Honda win n’est pas extraordinaire. Il faut trouver la moto qui freine le mieux.

  • boîte de vitesses : testez toutes les vitesses et rétrograder plusieurs fois. Ces manœuvres doivent se réaliser sans à-coups, ni de « décrochage » de vitesses (mise au point neutre) : ça peut être dangereux pour freiner notamment.

  • le pot d’échappement : le bruit doit être constant sans claquement (signe d’un déréglage de l’arriver d’essence dans le moteur). S’il est trop bruyant, c’est qu’il n’est pas d’origine, ou bien que les joints sont à changer. Vérifier la fumée qui en sort : une fumée épaisse noire n’est pas bon signe. A froid, si la fumée est blanche c’est normale.

A savoir : Le compteur kilométrique et la fermeture du réservoir d’essence ne fonctionnent jamais au Vietnam. Pour la vitesse, il faudra s’habituer à rouler au gré du vent !

Acheter une moto en 5′

La seule démarche pour acheter une moto au Vietnam est d’échanger l’argent contre la clef et la blue card. Cinq minutes suffisent pour le transfert de propriétaire. Une assurance ? Il n’y en a pas, et pourtant j’ai tenté d’en chercher une. En bref, il faut croiser les doigts pour par créer un accident.

Prendre le train / bus avec sa moto ?

Parfois il pleut ou les distances sont trop longues (900km ou 3 jours de route..) : on aimerait que ça passe plus vite et au sec ! J’ai pris le bus deux fois avec ma moto, au centre du Vietnam lors d’une grosse période de pluie. C’est très simple, pour prendre le train il suffit de se rendre à la gare et demander les tarifs, puis déposer sa moto. J’ai comparé les prix et trouvé moins cher avec les bus. J’ai donc pris deux bus avec la moto dans la soute (ils enlèvent les roues pour que ça passe, mais ils rassemblent le tout à l’arrivée). Petit conseil avant de prendre le bus avec sa moto : videz le réservoir d’essence, et conserver une bouteille d’un litre, qui permettra d’atteindre la prochaine station essence à l’arrivée du bus. Sinon, c’est panne sèche à l’arrivée !

Voici ici un ordre de prix pour les trajets que j’ai pris :

  • Nha Trang – Hoi An (500km, 9h) : transférer sa moto en train coûte 600.000d (21€), contre 500.000d (17€) en bus de nuit. Ces prix concernent juste la moto.

  • Hué – Phong Nha (210km, 4h) : le transfert de la moto en bus pour 350.000d (12€).

Comment gérer la police ?

Ça arrive de croiser la police en road trip au Vietnam et parfois elle vous arrête. La plupart du temps, personne ne m’a arrêté lors de mon voyage. Les policiers parlent très peu l’anglais, c’est pour cela qu’ils arrêtent peu les étrangers. La seule fois fut à Mui Ne, un endroit très touristique : j’ai négocié en parlant.. et le policier n’était pas motivé à parler longtemps, j’ai filé. J’ai croisé certains voyageurs qui ont dû payer pour partir, bien entendu, « in the pocket » du policier !

Quelques conseils pour remédier à la police au Vietnam :

  • Dès que vous êtes arrêtés, conserver la clef de la moto dans votre poche (pour éviter qu’il l’a conserve contre de l’argent)

  • Montrer les papiers du véhicule et le permis international si demandé, mais ne jamais leur laisser en main

  • Ne pas donner son passeport (ça n’a rien à voir avec la moto) : vous pouvez dire que vous l’avez laissé à l’hôtel pour la chambre

  • Discuter lentement, ne pas montrer que vous maîtriser l’anglais et surtout pas le vietnamien. Chercher lentement les pièces demandées. Ils perdront patience et vous laisseront partir.

  • Prévoir en avance quelques sous dans le porte monnaie (ne pas y laisser toutes ces réserves..). Plus pratique pour négocier le prix de l’amende.

Les trucs UTILES à prévoir pour rouler

  • de quoi boire et manger : parfois, on ne trouve pas grand chose pour se nourrir sur la route, ou bien on a pas le temps !

  • La cape imperméable : au Vietnam lorsqu’il pleut, c’est « cap fashion » : tous sortent en vêtements de pluie, et c’est bien pratique

  • un phone holder pour poser son portable et suivre le GPS (maps.me ou google maps)

  • une batterie de téléphone portable de rechange : franchement, elle m’a bien sauvée cette seconde batterie

  • un cache-cou pour la poussière

Acheter une moto au Vietnam, est-ce rentable ?

En début de voyage, on se pose la question du pour et du contre : acheter une moto ou prendre le bus ?

Acheter une moto au Vietnam n’est pas plus économique que faire les trajets en bus et louer une moto sur place. En effet, le ticket « open » des bus pour un tour au Vietnam s’élève environ à une 50ène d’euro, à cela s’ajoute quelques location de scooter à 4-5€ la journée. On peut facilement s’en sortir pour une 100ène d’euros avec l’ensemble des transports pour le Vietnam.

Comment entretenir sa moto et pour quel budget ?

Entretenir sa moto au Vietnam est très facile et rapide.

Pas besoin de prendre rdv chez le garagiste comme en France, ici tout se fait sur place en quelques minutes.

Tous les 400-500km il faut changer l’huile de moteur, par la même occasion, je demandais au garagiste de contrôler rapidement l’ensemble de la moto. Parfois, il m’arrivait à changer quelques petites pièces, pour un prix dérisoire.

Exemple de prix pour les réparations :

  • vidange huile : 80.000d (2,80€)

  • réparation gaine électronique 40.000d (1,5€)

  • resserrage de la chaîne 10.000 (0,30€)

  • changement d’un roulement dans le cadre : 100.000d (3,5€)

  • changement de la bougie (spark plug) : 100.000d (3,5€)

  • changement bobine d’allumage (stator) : 500.000d (18€)

  • Nettoyage complet de la moto: 40.000d (1,5€)


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